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« Le fondeur est la troisième main du sculpteur »

Le bronze d'art

« Œuvre originale »

La qualification d’un bronze « œuvre originale » est limitée à l’édition de douze épreuves :
Huit sont numérotées de 1/8 à 8/8.
Quatre, sous nommées épreuves d’artiste, sont numérotées de E.A. I/IV à E.A. IV/IV.
L’artiste peut choisir d’éditer des séries inférieures à douze épreuves,  jusqu’à la pièce unique nommée P.U. ou 1/1.
D’autre part, un bronze tiré au-delà des 12 épreuves devient un tirage en série ou un tirage multiple et perd la valeur « d'œuvre originale ».
Cette numérotation assure aux amateurs de bronzes d’avoir des références précises.
Chaque bronze porte le cachet de la fonderie, le numéro de l’édition, l’année de l’édition et la signature de l’artiste.

BRefArt : aujourd'hui pour demain !

L'équipe BRefArt
Bénédicte Giniaux
et Juliette Giniaux

Code déontologique des fonderies d’art de France

L’Histoire du bronze d’art

Les cinq métiers d’une fonderie

Bibliographie

 

La fonte à la cire perdue

L’artiste travaille son sujet dans son atelier avec différentes matières ou matériaux. Même si la terre est souvent utilisée par les artistes qui se dirigent vers l’édition de bronzes, il est possible de travailler, le plâtre, la filasse, le bois, le métal, la pierre, le papier, le cuir, etc.... parfois même une cire de modelage.
Ensuite, l’artiste doit choisir une fonderie. La réputation de sa sculpture en bronze sera aussi dépendante de la signature de la fonderie.
Les prix des fonderies varient selon leur notoriété, la qualité du travail de fonte et les finitions. Certains amateurs sont très attachés au cachet de la fonderie.
La sculpture est apportée par l’artiste. Un moule en élastomère est fabriqué dans une coque en plâtre. Il est ajusté selon l’encombrement ou les articulations des volumes. La sculpture est reproduite en cire spéciale, coulée en fine épaisseur dans les cavités du moule. Le noyau viendra se loger à l’intérieur. Le moule est ensuite ouvert et l’artiste est invité à venir corriger éventuellement quelques détails et valider cette épreuve en cire éphémère. Puis, également en cire, les alimentations et les évents sont mis en place selon la logique de « tuyauterie » où le bronze va pouvoir couler avec aisance du haut vers le bas, alors que l’air doit pouvoir s’échapper rapidement sans laisser aucune bulle. La sculpture en cire avec sa tuyauterie, est progressivement recouverte d’une terre réfractaire extrêmement liquide au début, devenant de plus en plus épaisse, jusqu’à former un bloc assez volumineux par rapport à l’original. Ce bloc, nommé moule de potée, sera mis au four pour laisser fondre la cire et ainsi libérer l’espace où le bronze sera coulé. On dit que plus le bronze est fin et donc léger, plus la fonte est réussie. Le bronze en fusion, à 1100°C environ, attend la coulée et sera versé très délicatement dans chacune des alimentations. Chaque coulée est toujours inquiétante. Le bronze refroidit. Le bloc de terre réfractaire est ensuite détruit. Il s’agit de la déroche et la sculpture en bronze apparaitra dans son état le plus brut, avec tous ses tuyaux. Un nettoyage à l’eau en haute pression est indispensable avant d’aborder l’étape suivante. Après le mouleur, le cireur et le fondeur arrive donc le travail du ciseleur. Tous les tuyaux vont être coupés. Tous les trous vont être rebouchés, martelés et ciselés. La ciselure respecte chaque millimètre carré, en restant fidèle à l’épreuve initiale, jusque dans tous les détails. Certains artistes assistent à la ciselure. Enfin le patineur à l’aide de différents oxydes minéraux et de secrètes associations donne une teinte au bronze selon les choix de l’artiste : la patine !
Les patines sont nombreuses, de couleurs nuancées et de plus en plus variées depuis quelques récentes années.
Le temps de fabrication d’un bronze varie entre un et trois mois selon les fonderies.

Voilà pourquoi … on dit que « le fondeur est la troisième main du sculpteur »

Bénédicte Giniaux

La fonte au sable

Pour cette autre technique, ce sont les étapes du moule qui diffèrent, sinon le reste des interventions sur la pièce dite brute de fonte sont identiques à celles d’une fonte à la cire perdue.
Avec cette technique, le moule doit être reconstitué après chaque nouvelle édition. Selon sa forme, la sculpture originale est parfois divisée en plusieurs morceaux.

Les mouleurs utilisent un grand bac métallique, aussi appelés châssis, et deux types de sables (silico-argileux et synthétiques) possédant chacun un pouvoir de solidification très caractéristique : les premiers grâce à un chauffage en étuve et les seconds sous l’action d’un souffle de gaz carbonique. Une fois que tout est solidifié, la pièce originale plus ou moins morcelée est retirée, et le moule est créé.
Les mêmes types de sables sont utilisés, remplaçant la pièce originale, pour la création du noyau. Après solidification, les mouleurs obtiennent une copie exacte de la pièce originale. Cette étape est complexe car il est alors indispensable de réduire cette copie sur toute sa surface, afin de laisser un espace bien précis et suffisamment important pour y couler le bronze en fusion. Pour maintenir le noyau en forme et empêcher toute adhérence avec le bronze suite à la fonte, ce noyau est enduit d’une fine couche protectrice.

Ensuite, comme pour une fonte à la cire perdue, un réseau d’alimentation et d’évacuation ainsi qu’un entonnoir de coulée est nécessaire, ce sont ici des tubes qui sont installés. Le noyau est maintenu à sa place à l’aide de tiges en fer.

La pièce brute de fonte est récupérée après refroidissement total du moule. A l’aide de burins et de limes, le moule est soigneusement détruit, les pièces sont vidées de leur noyau puis méticuleusement nettoyées et  préparées pour finalement être réassemblées solidement avec des rivets. La suite des interventions sont identiques à celles d’une fonte à la cire perdue post-fonte.

Juliette Giniaux