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« Le fondeur est la troisième main du sculpteur »

Les cinq métiers d'une fonderie

Voici la présentation des cinq métiers d’une fonderie d’art réalisant des bronzes à la cire perdue, technique la plus souvent utilisée, et cela depuis plus de 4000 ans. Les différents matériaux tels que le bronze lui-même, l’utilisation du plâtre ou terre réfractaire ont pu être quelque peu modifiés et arrangés avec les années et les expériences.
Le métier de fondeur est un métier de passion, de tradition et reste un savoir-faire ancestral.

Le mouleur : le moule

La première étape dans la fabrication d’un bronze est la création d’un moule, aujourd’hui principalement en élastomère de silicone, et encore rarement en céramique comme autrefois. Le mouleur réalise ainsi la copie exacte, en négatif, de la pièce originale.
La dureté de l’élastomère de silicone peut varier selon la technique d’application de la cire, par estampage ou par injection.

Le technicien de la cire : la cire

Grâce au moule en élastomère, le technicien peut réaliser la copie exacte de la pièce originale. Par estampage, la cire est déposée délicatement au pinceau à l’intérieur de l’élastomère, par couches successives. Par injection, la cire est injectée dans les détails à l’air comprimé. L’épaisseur de cire obtenue correspondra à l’épaisseur de la pièce en bronze finale. Le centre de la pièce est alors rempli de plâtre réfractaire pour former le noyau.
Démoulée, la cire est la copie exacte, en positif, de la pièce originale. L’artiste peut alors venir vérifier l’épreuve en cire et corriger avec le technicien les possibles imperfections.
Quand la cire est validée, elle est signée par l’artiste, le numéro du bronze et l’année sont gravés, et le cachet de la fonderie est apposé.
Le technicien de la cire place et colle méthodiquement des alimentations et des évacuations en cire sur la sculpture, regroupées par un entonnoir de coulée. Ce réseau permettra dans un premier temps d’évacuer la cire, et dans un second temps de répartir le bronze en fusion de manière homogène.
La sculpture en cire et l’ensemble de son réseau de tuyaux sont enrobés de plâtre réfractaire, créant ainsi un moule de potée unique. Parfois, plusieurs pièces sont reliées à un seul entonnoir de coulée, créant ainsi un moule de potée collectif à l’intérieur d’un cylindre.
Placé au four, le moule de potée monté en température, permet l’évacuation totale de la cire. D’où le nom de fonte à la cire perdue.

Le fondeur : la coulée

Le bronze est un alliage de cuivre et d’étain, livré sous forme de lingots. Le point de fusion du bronze, c’est-à-dire le moment où il devient liquide, est à 900°C. Il faut atteindre une température de 1120°C pour pouvoir le couler grâce à un récipient appelé le creuset.
La coulée s’effectue dans le moule de potée encore chaud.
Une fois que le bronze et le moule de potée sont totalement refroidis, commence le décochage. Le moule de potée est détruit délicatement et habilement à l’aide de masses ou marteaux et le bronze est ensuite nettoyé avec de l’eau à haute pression.

Le ciseleur : la ciselure

Le ciseleur récupère la pièce dite brute de fonte. Toute la tuyauterie y est encore attachée car le bronze à remplacer la cire dans tout le réseau. A l’aide de meules électriques munies de différentes fraises ainsi que des ciselets, les alimentations et évacuations sont supprimés. Les trous laissés sont ensuite comblés avec du bronze.
L’artiste assiste parfois à la ciselure, à l’ébarbage et au polissage des pièces. C’est un travail très minutieux, il faut retrouver et révéler chaque détail et caractère de la pièce originale qui est toujours à disposition du ciseleur.

Le patineur : la patine

Le patineur est la dernière personne de la fonderie qui intervient sur le bronze. L’artiste très souvent présent pour cette étape. La patine est une association d’oxydes métalliques (sel de cuivre, chrome, fer, potasse, nitrates) qui sont posés au pinceau, par tamponnage. La fixation de ces oxydes s’effectue à chaud à l’aide d’un chalumeau. L’acidité de ces oxydes attaque la pièce et grâce au travail précis et les subtilités de chaque patineur, différentes teintes et transparences sont obtenues. Globalement, il y a des patines dites traditionnelles variant autour du brun et du vert, et des patines dites modernes variant autour de l’acajou, le blanc, le bleu, le noir, l’ocre et le rouge.

Juliette Giniaux